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HISTOIRES DE DISQUESCatégories de collectionneurs de vinyles
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J’ai déjà essayé sur le site de décrire les différentes thématiques de collections de vinyles… En fait c’est un sujet carrément immense… Un site de vente en ligne a réalisé une sorte de sondage sur le sujet. Il a sélectionné les neufs pratiques les plus usitées par les collectionneurs d’après les réponses obtenues après ce « sondage ». J’ai trouvé la démarche intéressante voici donc ces différents styles :
Les complétistes. — Ces amateurs s’intéressent à un album (voire plusieurs), généralement mythique, genre « Dark side of the moon »… Ils vont essayer de trouver le plus grand nombre de versions possible. Parfois il peut « simplement » s’agir d’une référence différente mais cela peut aller jusqu’à des nouvelles pochettes. Bien entendu les pressages d’autre pays vont être également recherchés. On est là dans une démarche qui peut être très « pointue » impliquant ce que l’on nomme les défauts d’aspect : erreurs typographiques ou de fabrication qui vont justifier un arrêt des fabrications concernées pour produire une nouvelle version « corrigée ». Le tirage avec le défaut constitue de fait au sens « collectionneur » une autre version qui plus est souvent ultra rare… et donc avec des cotations élevées s’il s’agit d’un disque recherché par les collectionneurs.
Illustration le premier album
des Beatles « Please Please me » 22 mars 1963. Donc j’ai pu dénicher plusieurs versions de ce vinyle mythique dont le premier pressage anglais, donc prems des prems disques des Fab four. Ainsi, pour certains « cas » comme celui-ci, je peux ajouter Sgt Peppers, voire un album du Jefferson airplane et d’autres je possède plusieurs versions, généralement deux… A noter pour Léo Ferré dont j’ai accumulé pas mal de disques certains d’entre eux avec des noms et pochettes différentes sont des déclinaisons du même album mais je ne me séparerais pour rien au monde de l’un d’entre eux… Donc même en étant principalement « Eclectique » je suis entre autres également un « petit complétiste »
Les archivistes. — Ces amateurs vont en fait jouer le rôle de bibliothécaires méticuleux, stockant chronologiquement tous les disques marquants de l’histoire de la musique populaire. On peut comparer avec certaines discothèques anciennes de radios qui reflétaient l’actu musicale. Ils ne vont pas forcément tout écouter, d’ailleurs certains disques ne leur plaisent pas musicalement mais entrent malgré tout dans cette collection car étant « marquants ». Ils vont continuer avec la musique actuelle, toujours aussi méticuleusement. On peut parler d’historiens de la musique populaire.
Dans mon cas… Il m’arrive d’acheter certains disques que je n’apprécie pas forcément simplement pour avoir au moins un exemplaire d’artistes marquants, surtout périodes années cinquante à quatre-vingt… Ainsi j’ai pas mal de choses de Johnny Hallyday… dont je ne suis pas particulièrement fan mais qui est incontestablement un artiste marquant fifties et sixties et donc à ce titre il doit être dans ma collection avec des disques les plus emblématiques possible… J’ai même des « trucs » pas mal de lui. Un journaliste de « Sud Ouest » qui était venu voir ma collection a écrit ne pas comprendre que l’on achète des disques d’un artiste que l’on n’aime pas particulièrement… C’est pas facile à comprendre pour un non initié je le reconnais mais un peu d’ouverture d’esprit pour un journaliste ne me parait pas en tout cas un luxe…
Les superfans. — Là il va s’agir de se spécialiser sur un artiste ou groupe. Toutes ses productions, quels que soient les formats et surtout les plus confidentielles vont être soigneusement accumulées. Albums réussis ou ratés tout est bon pour les superfans !
Illustration, une partie du listing de ma collection qui concerne Léo Ferré… En principe, en fonction de ma mémoire visuelle, j’achète systématiquement tout album 25 ou 30 cm de Léo Ferré périodes années 50 et 60 que je ne possède pas s’il est en version originale voir réédition, mais d’époque… De même j’ai pas mal de choses des Beatles, Stones, Hendrix, Zappa etc.
Les originalistes. — Là les collectionneurs ne s’intéressent qu’aux pressages originaux. La réédition pour eux constitue une sorte de succédané, d’ersatz, qui n’est pas digne d’intérêt. Encore une démarche pointue car il n’est pas toujours évident d’identifier certains disques originaux… Et ils peuvent également être ultra-rares… D’où là encore des recherches approfondies et des achats parfois à des prix vraiment pas raisonnables… Ils peuvent en plus privilégier les pressages originaux du premier disque de tel artiste ou groupe…
Illustration / Premier et seul album édité par Boris Vian de son vivant : « Chansons probables et improbables » contenant notamment la chanson « le Déserteur », tiré à l’origine à 700 exemplaires et réédité plusieurs fois. Mais là c’est l’original, que j’ai pu négocier cinquante euros alors que sa cotation est bien plus élevée en fonction notamment de l’aspect historique autour de Vian et de « son » Déserteur… (existantialisme, pacifisme guerre d’Indochine… échec du disque qui l’a marqué…)
Les éclectiques. — Si vous avez visité le site… vous aurez constaté que j’entre incontestablement dans cette catégorie. Les disques représentent en quelque sorte ce que l’on pourrait trouver chez un marchand spécialisé de disques généralistes. Certains styles musicaux vont être plus garnis que d’autres, en fonction des préférences du vinylmaniaque, mais même en petite quantité on va trouver par exemple des disques « parlés », de la world, chanson française, folk-rock, pop, jazz, jazz-rock, bref les catégories que l’on trouve sur la page « galeries de pochettes » du site. Quelque chose qui leur plait leur plait, ils ne se posent pas la question de quel style musical il s’agit il leur plait point barre… Le « classement » fait par le site de vente de disques évoqué en début, mentionne « ouverture d’esprit » pour la démarche, ce sont eux qui le disent alors si on procède ainsi, on bénéficie d’un esprit « ouvert »… en toute modestie bien sûr… Mais on va tout de même classer par styles musicaux et obtenir donc une sorte de collection de styles mais aussi de périodes pour les styles majeurs…
Illustration / Un petit « bout » de la base de données de ma collection avec différents styles mentionnés « SLC » se comprend comme disques yéyé-twist, voire autres qui passaient à l’émission « Salut les copains ».
Les visualistes. — Pour ces collectionneurs c’est donc l’aspect visuel du disque qui compte. La surface occupée plus importante qu’un CD, sans parler de la musique numérique, permet de créer et mettre en valeur de véritables œuvres graphiques. Le calicot (étiquette du disque) et éventuellemment la qualité d’impression, le glaçage (pelliculage) un beau carton, tout cela crée visuellement un ensemble. Ce critère de choix exclut quasiment totalement l’intérêt purement musical. On crée une sorte de collection d’images.
Illustration / Quelques belles pochettes (en tout cas pour moi) que j’ai achetées en fonction de leur aspect visuel alors que le contenu… n’est pas terrible (toujours à mon avis) Ainsi le « Bardot » contient de la musique instrumentale sirupeuse dont je ne suis pas adepte mais la photo me plait beaucoup et elle s’ajoute à la qualité du pelliculage… Les Flamin Groovies avec leur « Super nazz (1969) » ne m’ont jamais emballé… Mais cette pochette j’adore comme d’ailleurs beaucoup d’autres pochettes que je nomme « style BD ».
Les nostalgiques. — Les motivations d’achat sont donc autour des souvenirs musicaux de moments passés (ex Nostalgie sixties). Les disques ne plaisent pas (ou plus) forcément musicalement, c’est l’ambiance musicale, le fonds sonore d’une époque, période qui prime…
Illustrations / d’une façon générale les disques yéyé qui souvent au niveau artistique… sont assez limite mais qui sont porteurs de tellement de nostalgie que très (trop) souvent j’achète. Ici je présente, sommet de ma nostalgie mes deux premiers disques, je devais avoir une douzaine d’années… Deux EPs de Johnny Hallyday. Les originaux prêtés mais non rendus… j’ai un peu de difficulté pour le « Johnny à New York (1962) » qui est plus rare que « Viens danser le twist (1961) » et donc un peu plus cher…
Les aficionados. — La musique qu’on aime sans a priori, comme elle vient et donc logiquement classée quasiment « en vrac » au niveau des styles (ce qui n’exclut pas bien entendu l’ordre alphabétique)… L’artistes, la catégorie musicale, l’époque n’ont rien à voir, on aime et cela suffit…
Illustration / 25 cm de Bourvil… J’aime bien Bourvil chanteur, « on » va me dire que c’est démodé mais, en ce qui concerne les chansons tristes de son répertoire, j’adore Bourvil, je trouve qu’il est aussi grand chanteur qu’acteur…
Les audiophiles. — Recherche du son parfait, quel qu’en soit le prix. Equipements sonores à hautes performances, disques série limitée dits « pressages audiophiles », voire installation d’un auditorium privé… Ce sont souvent des amateurs de jazz, voire de musique classique mais tous les styles peuvent être concernés. Je me risque à évoquer pour certains d’entre eux le terme de « snobisme »… Difficile de ne pas y penser, à l’image de tout ce qui touche à l’ultra luxe. Mais attention il existe de purs amateurs qui ne soucient que de performances acoustiques, qu’ils obtiennent d’ailleurs parfois avec des installations bricolées par eux même…
Illustration / Pour illustrer ma relative réserve pour la recherche du son « idéal » le disque de musique expérimentale de Cyril Badaut « Intemporal analogic sound » qui reproduit des craquements de vinyles dans une sorte de symphonie expérimentale basée sur des « bruits » qui sont considérés précisément comme insupportables pour les audiophiles… Et par nous aussi d’ailleurs, lorsqu’ils sont trop « présents »…
Voici donc les thématiques sélectionnées, effectivement elles sont représentatives, assez généralistes. Il y a cependant un « mais » c’est qu’en fait souvent nous sommes un peu tous ces collectionneurs. Je donne ci-dessus quelques exemples dans mon cas. Ainsi si un disque me plait vraiment, je ne rechigne pas à acheter plusieurs versions. J’aime bien avoir « un peu de tout » en terme de styles musicaux, un pressage original, si je peut le « dégoter » me fera facilement craquer, même si j’ai déjà une réédition. La nostalgie, surtout autour d’un support musical qui dépasse allègrement les 70 ans, va me motiver que cela soit autour de la « grande » chanson française que les artistes yéyé… Pour ma part seule « l’audiophilie » me rebute… Certes j’essaie d’avoir du bon matériel mais, surtout pour les vinyles anciens, quelques cracs sont pour moi… un peu les rides de la musique… elles aussi ont un sens en symbolisant l’ancienneté de l’enregistrement. Mais bon, je pense que vous êtes nombreux comme moi… On peut ajouter, en tout cas pour moi, essayer d’avoir tous les formats de disques, voire des choses assez improbables comme les cartes postales sonores, flexidiscs publicitaire etc.